CPF : la réforme silencieuse de 2026 qui va profondément limiter l’accès à certaines formations.
- LV3D GESTION
- il y a 8 heures
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Alors que la loi de finances 2026 prévoit de restreindre l’utilisation du Compte Personnel de Formation en instaurant des plafonds sur certaines formations, de nombreuses interrogations émergent chez les actifs. Quelles formations seront réellement impactées ? Et surtout, qu’en est-il des parcours orientés vers les métiers d’avenir, comme l’impression 3D, encore largement soutenus par le CPF malgré ce durcissement annoncé du dispositif.
Alors que le débat public s’est récemment focalisé sur la fin du financement du permis de conduire via le Compte Personnel de Formation (CPF), une autre réforme, beaucoup plus discrète mais tout aussi déterminante, se prépare en coulisses. Inscrite dans la loi de finances pour 2026, elle pourrait modifier en profondeur la manière dont des millions d’actifs utilisent leurs droits à la formation.
Cette réforme introduit un principe inédit : le plafonnement du montant mobilisable pour certaines formations, indépendamment du solde disponible sur le compte CPF. Une évolution qui marque un tournant majeur dans la philosophie même du dispositif.
Un CPF historiquement fondé sur la liberté de choix.
Depuis sa création, le CPF repose sur un principe simple : chaque actif cumule des droits à la formation tout au long de sa vie professionnelle, qu’il peut mobiliser librement pour financer des formations certifiantes. Pour la majorité des salariés, ce plafond est fixé à 5 000 euros, voire davantage pour certains publics spécifiques.
Cette liberté d’utilisation constituait l’un des piliers du CPF. Elle permettait aux actifs de s’adapter aux évolutions du marché du travail, de renforcer leurs compétences ou d’en acquérir de nouvelles, sans dépendre systématiquement de leur employeur ou d’un dispositif collectif.
La réforme prévue pour 2026 vient remettre en question ce principe fondateur.
Le plafonnement des formations : une nouvelle règle du jeu.
Avec la loi de finances 2026, le gouvernement prévoit d’instaurer un plafond spécifique sur certaines formations éligibles au CPF. Concrètement, cela signifie que même si un bénéficiaire dispose de plusieurs milliers d’euros sur son compte, il ne pourra plus nécessairement financer intégralement la formation de son choix.
Le montant exact de ce plafond n’a pas encore été fixé. Il sera déterminé par décret dans les prochains mois. Toutefois, selon plusieurs sources proches du dossier, il pourrait se situer autour de 1 600 euros pour les formations concernées.
Un exemple révélateur de l’impact concret.
Prenons le cas de Gabriel, salarié disposant du montant maximal de droits CPF, soit 5 000 euros. Souhaitant améliorer son employabilité, il envisage de suivre une formation d’anglais de 30 heures, incluant la préparation et le passage du TOEIC. Le coût total de cette formation s’élève à 2 600 euros.
Jusqu’à présent, Gabriel pouvait financer intégralement cette formation grâce à son CPF. Avec la réforme de 2026, il pourrait ne plus être autorisé à mobiliser qu’une partie de ses droits, dans la limite du plafond fixé par l’État. Le reste, soit environ 1 000 euros, resterait à sa charge.
Pour compenser ce reste à payer, plusieurs solutions seraient possibles : solliciter un cofinancement de son employeur, obtenir un soutien de France Travail s’il est demandeur d’emploi, ou bénéficier d’un financement complémentaire de sa région. À défaut, il devrait assumer personnellement le coût restant.
CPF : Les formations ciblées par la réforme.
Le plafonnement ne concernera pas toutes les formations éligibles au CPF. Il s’appliquera principalement aux formations inscrites au Répertoire Spécifique (RS). Ces formations visent l’acquisition de compétences complémentaires ou transversales, utiles pour se spécialiser ou évoluer dans un métier existant.
Sont notamment concernées :
les formations en langues étrangères,
les certifications en bureautique et outils numériques,
la gestion de projet,
certaines certifications professionnelles courtes.
Le bilan de compétences fera également l’objet de ce plafonnement. Quant au permis de conduire léger, il sera désormais réservé aux demandeurs d’emploi ou aux salariés bénéficiant obligatoirement d’un cofinancement.
CPF :Des exceptions prévues pour préserver les reconversions longues.
Toutes les formations ne sont cependant pas concernées par cette mesure. Selon des sources bien informées, certaines resteront exemptées de plafonnement, notamment :
la Validation des Acquis de l’Expérience (VAE),
le certificat Cléa, qui atteste des compétences de base.
Par ailleurs, les formations inscrites au Répertoire National des Certifications Professionnelles (RNCP), généralement longues, diplômantes et orientées vers l’apprentissage d’un métier ou une reconversion professionnelle complète, ne sont pas concernées par ce plafonnement. Ces parcours, jugés stratégiques pour l’emploi et la reconversion, continueront à bénéficier d’un financement CPF sans limite spécifique.
CPF: Une réforme dictée par des impératifs budgétaires.
L’objectif affiché par le gouvernement est avant tout financier. Les dépenses liées au CPF ont fortement augmenté ces dernières années, poussant l’État à chercher des leviers de régulation. La création d’une participation financière obligatoire de 100 euros pour les bénéficiaires, introduite il y a près de deux ans, s’inscrivait déjà dans cette logique.
Le plafonnement des formations RS constitue une nouvelle étape dans cette stratégie de maîtrise des finances publiques, visant à concentrer les ressources sur les formations jugées les plus structurantes.
CPF : Un changement de philosophie qui interroge.
Au-delà de l’aspect budgétaire, cette réforme marque un changement profond de philosophie. Le CPF, conçu à l’origine comme un droit individuel universel favorisant l’autonomie et l’égalité d’accès à la formation, devient progressivement un dispositif plus encadré et conditionné.
Plusieurs acteurs de la formation s’inquiètent déjà des conséquences possibles. Le risque est que certains actifs, confrontés à un reste à charge trop élevé, renoncent tout simplement à se former. Une évolution qui pourrait accentuer les inégalités d’accès à la montée en compétences, à rebours des objectifs initiaux du CPF.
À l’heure où les transformations du marché du travail s’accélèrent, cette réforme pose une question centrale : comment concilier maîtrise des dépenses publiques et droit effectif à la formation pour tous ?
Et qu’en est-il de la formation à l’impression 3D avec le CPF ?
Un cas à part dans la réforme du CPF 2026.
Dans le contexte actuel de réforme du Compte Personnel de Formation, marqué par l’annonce de plafonnements sur certaines formations, une question revient fréquemment : que devient la formation à l’impression 3D financée par le CPF ? La réponse est rassurante pour les porteurs de projets, les personnes en reconversion et les professionnels souhaitant monter en compétences dans ce domaine technologique stratégique.
Contrairement à de nombreuses formations courtes ou transversales, l’impression 3D s’inscrit bien souvent dans une logique métier, tournée vers l’emploi, la reconversion professionnelle ou la création d’activité. À ce titre, elle bénéficie encore d’un cadre favorable au sein du CPF.
Formation à l’impression 3D et certifications reconnues.
Lorsqu’une formation à l’impression 3D est inscrite au Répertoire National des Certifications Professionnelles (RNCP), elle entre dans la catégorie des formations qualifiantes ou diplômantes. Ces formations, destinées à apprendre un métier ou à opérer une reconversion professionnelle complète, ne sont pas concernées par le plafonnement prévu par la loi de finances 2026.
Cela signifie concrètement que les apprenants peuvent continuer à mobiliser leurs droits CPF pour financer pleinement leur parcours, dans la limite du plafond global de leur compte, sans reste à charge imposé par un plafonnement spécifique.
Pourquoi l’impression 3D reste une priorité du CPF
La formation à l’impression 3D avec mon CPF répond à des enjeux économiques et industriels majeurs. L’impression 3D, aussi appelée fabrication additive, est aujourd’hui utilisée dans de nombreux secteurs : industrie, artisanat, santé, bâtiment, éducation, design, prototypage rapide ou encore entrepreneuriat.
Se former à l’impression 3D permet notamment de :
maîtriser l’utilisation et le réglage des imprimantes 3D,
comprendre les matériaux et filaments,
apprendre la modélisation 3D,
produire des pièces fonctionnelles ou esthétiques,
lancer une activité indépendante ou intégrer un secteur en tension.
Ces compétences sont directement exploitables sur le marché du travail, ce qui explique pourquoi les pouvoirs publics continuent de soutenir ce type de formation via le CPF.
Attention aux formations courtes non certifiantes.
Il convient toutefois de faire une distinction importante. Certaines formations très courtes à l’impression 3D, lorsqu’elles sont uniquement inscrites au Répertoire Spécifique (RS) et considérées comme de simples compétences complémentaires, pourraient à terme être soumises à un plafonnement du financement CPF.
C’est pourquoi il est essentiel, pour sécuriser son financement, de choisir une formation structurée, reconnue et orientée vers un projet professionnel clair. Faire une formation avec mon CPF à l’impression 3D doit s’inscrire dans une démarche cohérente : montée en compétences durable, reconversion ou création d’activité.
Le CPF reste une opportunité toujours intacte pour les projets professionnels.
Dans un CPF de plus en plus encadré, la formation à l’impression 3D apparaît comme l’un des usages les plus pertinents et les plus solides du dispositif. Elle combine innovation, employabilité et projection à long terme, tout en restant alignée avec les priorités économiques actuelles.
Pour celles et ceux qui souhaitent faire une formation avec mon CPF à l’impression 3D, le message est clair : le dispositif reste pleinement mobilisable, à condition de s’orienter vers une formation certifiante, sérieuse et tournée vers un véritable avenir professionnel.
Karl-Emerik ROBERT







